Membre flamboyant du mouvement Impressionniste, inspiré par les paysages contrastés où le ciel rivalise avec l’eau, mais également influencé par la découverte européenne des estampes japonaises, le peintre d’origine anglaise, élève de Charles Gleyre, laisse une œuvre foisonnante, aux couleurs riches et réjouissantes. Il suffit de plonger dans un catalogue de l’œuvre peinte d’Alfred Sisley pour être frappé par le très grand nombre de toiles représentant un seul et même fleuve : la Seine. Tantôt, son cours est calme et le reflet du paysage à sa surface crée une symétrie magique. Tantôt, l’eau se fait furieuse, coule avec force et les touches de lumière blanche éclatent à sa surface. Sisley a peint le fleuve par tous les temps, en toutes saisons, depuis tous les points de vue, comme si son eau exerçait sur son œil une fascination sans limite. De tous les membres de l’école Impressionniste, c’est lui qui séjourna le plus longtemps au cœur des boucles de la Seine et réalisa le plus grand nombre de tableaux en hommage au fleuve.

LA NATURE AU CŒUR DE SON ŒUVRE

Alors adolescent, Sisley ne rêve que de devenir artiste, alors que ses parents le destinent à une carrière bien différente. Lors de ses voyages à Londres, le jeune homme passe le plus clair de son temps à admirer les œuvres de John Constable ou William Turner, deux peintres britanniques dont le goût du paysage et l’approche originale de la couleur ont une influence sur le style de Sisley. Adulte, c’est sans hésitation qu’Alfred Sisley entre dans l’atelier du peintre Charles Gleyre où il s’initie à la pratique du dessin et rencontre notamment Auguste Renoir et Claude Monet. Pour s’éloigner de Paris, le peintre pose ses chevalets du côté de Louveciennes, Saint-Germain-en-Laye, Marly-le-Roi, Bougival, Port Marly… Dans ces campagnes calmes bercées par le cours tranquille du fleuve, Sisley trouve la sérénité dont il a besoin pour travailler. Rien ne le fascine plus que les reflets changeants de la lumière de cette région tranquille, une lumière qu’il n’est pas parvenu à trouver du côté de Barbizon, au début de sa carrière. Face aux espaces boisés, aux méandres creusés par le fleuve, aux vastes étendues de plaines et de champs, Sisley cherche à capturer par des touches délicates et bigarrées la variation du vent, le passage d’un nuage, un changement de couleur du ciel sur la surface de la Seine