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Rencontres

France Courpotin sublime la beauté du vivant

À TRAVERS SES PORTRAITS SOUVENT FÉMININS OÙ S’ÉPANOUISSENT LA FAUNE ET LA FLORE, L’ARTISTE CONJUGUE TOUTES LES BEAUTÉS DU MONDE, RAPPELANT AINSI AVEC POÉSIE LE LIEN SACRÉ ENTRE L’ÊTRE HUMAIN ET LA NATURE.
Par Gabrielle Gauthier

Pour cette autodidacte éprise de liberté, la peinture est un des plus beaux espaces d’expression. Ce n’est donc pas un hasard si elle s’est « lancée en peinture comme on se jette du pont d’un bateau, absorbée physiquement par l’immensité de l’océan, comme reconnectée à ma nature profonde et originelle ». Ainsi, à travers ses toiles, notamment ses portraits, l’artiste s’interroge-t-elle sur la relation entre l’être humain et son environnement, nous invitant écrire une histoire où le vivant, quelle que soit sa forme, retrouverait la place qu’il mérite. « Si l’on veut bien voir de l’élégance, de la virtuosité et de l’ingéniosité dans le détail d’une aile de papillon ou d’un pétale de fleur alors on peut voir de la beauté en toute chose et en prendre soin comme le plus précieux des trésors ». À travers un style singulier, qui mêle encres, acrylique, huile, aérosols, relevé d’une palette de couleurs généreuse travaillée en opposition, en harmonie ou en camaïeu, France Courpotin offre des œuvres humanistes empruntes d’onirisme.

En tant qu’autodidacte, quel est votre parcours ?

Diplômée de Sciences politiques, j’ai d’abord travaillé au sein d’une agence de communication et de son studio de graphisme. La création quelle qu’elle soit m’a toujours fascinée. Mais la découverte de la peinture, pourtant de manière fortuite, reste à mes yeux le plus bel espace d’expression, ludique et empreint d’une grande liberté, deux besoins essentiels dans ma vie artistique. Apprendre de manière empirique me rend toujours plus curieuse, passionnée et, en cela, je crois n’avoir jamais eu le moindre complexe de ne pas avoir appris de manière académique.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

La lecture, des essais aux romans est, je crois, ma plus grande source d’inspiration. La formule « Dis moi ce que tu lis et je te dirai ce que tu peins » est ainsi faite pour moi. La nature humaine et les philosophes grecs, la psychologie, les sciences du vivant, l’écologie, la géopolitique et les grands enjeux du XXIe siècle… derrière tous les sujets qui me donnent un éclairage sur le monde et la nature humaine peut se cacher un tableau !

Qu’est-ce qui vous attire tant dans les portraits ?

Le choix de peindre des portraits est la conséquence de ces interrogations, car l’humain que je suis ne cesse de s’interroger sur son rapport à la nature, sur le monde, sur ses rêves, sur son histoire et son devenir… Comment décrypter un monde de plus en plus complexe aux enjeux inquiétants pour notre survie et un monde naturel à la beauté fracassante qui se meurt de n’avoir plus été regardé comme un précieux trésor de connaissance ?

Comment choisissez-vous vos modèles ? Existent-ils ou sortent-ils de votre imagination ?

Je choisis mes modèles sur photos à travers un regard, une attitude ou la finesse d’un trait. Le modèle devient très vite secondaire tant il est essentiel pour moi de lui inventer une histoire comme l’on dessinerait un tatouage sur la peau.

Faites-vous un lien entre vos portraits et vos toiles abstraites ?

Le lien entre les portraits et les abstraits se situe sur l’utilisation d’un même graphisme ou d’une même association de couleurs.

Quel est votre rapport aux couleurs ? Comment les choisissez-vous ? Comment les travaillez-vous ?

Mon rapport aux couleurs est totalement instinctif ; toutes les couleurs pour moi s’assemblent… Je me sens pourtant plus à l’aise dans l’utilisation des bleus/verts que je qualifie de couleurs chaudes, tant elles ont un impact physique réconfortant sur moi.

Vos œuvres sont « puissantes ». Est-ce pour rendre hommage à la « beauté » qui nous entoure ? Se cache-t-il autre chose derrière vos toiles ?

Je souhaite non seulement rendre hommage à la beauté, à l’élégance d’un regard, d’un visage ou d’une attitude mais aussi à la virtuosité d’une nature riche de milliards d’années d’évolution. Peindre des portraits envahis par un élément naturel, c’est comme établir une connexion perdue entre nos Natures profondes. La beauté sans cette force quasi animale, ou végétale d’ailleurs, n’est rien à mes yeux.

Comment l’idée de mêler encres, acrylique, huile, aérosols… vous est-elle venue et, selon vous, qu’est-ce que cela apporte à vos œuvres ?

L’idée d’utiliser une grande variété de matériaux vient très certainement d’une grande curiosité pour les matières, d’un vrai plaisir à les expérimenter physiquement et d’une envie de jouer qui, je crois, ne m’a jamais quittée depuis que je suis née. D’ailleurs, j’utilise toutes sortes de pinceaux et de peinture au gré de mes voyages ou de mes envies.

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