Le travail artistique unique de Béatrice Bedeur, qui mêle peinture à l’huile et photographie. Un style indéfinissable surtout emprunt de lumière qui s’exprime à travers des paysages qui, parfois, tendent vers l’abstraction géométrique.
Par Gabrielle Gauthier

Artiste peintre et photographe belge, Béatrice Bedeur associe dans ses toiles peinture et photographie. En effet, l’artiste part de photographies réalisées durant ses promenades qu’elle décompose ensuite à la manière d’un architecte afin de recomposer un paysage à part entière. Puis elle habille cette première réalisation de nombreuses touches de peinture à l’huile très colorées afin de créer un ensemble vivant, chaleureux et harmonieux.

UN MONDE POÉTIQUE

Ses œuvres originales et graphiques mêlent décomposition cubiste, couleurs vives et impressionnisme. Son travail peut également être comparé au fauvisme ou encore à l’orphisme. Pour l’artiste, l’essentiel se situe dans la lumière, qui représente la vie et lui procure un bien-être particulier lorsqu’elle peint. Son travail lumineux et son style indéfinissable, qui concernent souvent le paysage mais peuvent également s’envoler vers l’abstraction géométrique, lui ont valu de figurer parmi de nombreuses collections privées et publiques en Belgique, en Italie, en France, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Angleterre, aux États-Unis, au Canada, au Brésil, à Singapour. Elle a également reçu de nombreuses récompenses, notamment le premier prix du Salon concours de peinture DUMA en 2017.

Vous êtes à la fois peintre et photographe. Comment en êtes-vous venue à mêler ces deux arts ?

J’ai été diplômée en photographie et cinématographie au début des années 80, à l’époque de l’argentique. En 1997, je me suis initiée à la peinture dans un petit atelier de mon village, avec un très bon professeur. Mes photographies sont la base de mes peintures. En effet, j’ai souvent besoin de mes propres images pour créer mes toiles. Pour autant, ma vision de photographe me permet de faire les bons choix de prises de vues et à travers l’objectif, ce n’est pas une photo que je conçois mais déjà mon tableau.

Quelles sont vos influences pour associer sur vos toiles décomposition cubiste, couleurs vives proche du fauvisme, touche impressionniste ?

Je m’inspire de ma propre réalité. La couleur, les divisions, la lumière, la structure de mes tableaux, c’est au plus profond de moi que je les ressens… depuis toujours. Je ne me suis pas inspirée de ces mouvements artistiques mais ils restent nécessaires pour expliquer ma peinture. Comme dirait mon fils, mon œuvre, c’est du Bedeurisme.

Votre style est unique. Comment le définiriez-vous ?

Je conçois un monde de rêves, un univers imaginaire peuplé d’arbres « ballons » qui nous replongent dans l’enfance. Un monde poétique, parfois suspendu dans l’espace, en apesanteur. Les sujets ou les paysages que je peins sont transformés, stylisés, découpés et fusionnés sous une autre forme. Ma peinture est géométrique et structurée. Une autre particularité fondamentale de mon travail est la recherche de la lumière et des couleurs.

Pourquoi cette prédilection pour les paysages ?

J’aime la campagne, le calme de la nature et la beauté de ses paysages. J’habite un ravissant petit village rural où coulent deux jolies rivières bordées de vallées et de rochers. Ma maison est entourée de verdure luxuriante et mon coq réveille le voisinage tous les matins. Vous comprendrez donc que cela m’inspire…

Quel est le processus de création d’une toile ?

Je commence par réaliser une photo d’un paysage ou d’un objet. Je dessine ensuite les traits principaux, je stylise et je découpe parfois l’espace de mon dessin. Ensuite, soit je colorie ce dessin, soit je réalise une peinture de petit format afin de mieux étudier l’impact des couleurs et de la lumière. Enfin, je reproduis mon dessin sur la toile et je peins zone par zone si ma toile est découpée géométriquement.