Entre abstraction et figuration, les tableaux de Cyril Pienon, à mi-chemin entre la réalité et l’imaginaire, affichent haut les couleurs.
Par Anouck Etcheverry

Drôle de parcours que celui de peintre autodicate qui s’est emparé des pinceaux pour relever un défi : partager avec sa compagne une activité artistique. Depuis, il trace sur la toile des paysages tout droit sortis de son imaginaire… mais emprunts de réalité, celle puisée dans ses souvenirs de voyage outre-mer mais aussi celle des panoramas bretons qu’il admire tous les jours puisqu’il vit à Liffré près de Rennes. Maniant avec talent couleurs et constrates, sa peinture résolument contemporaine porte haut les couleurs, les mouvements et les contrastes.

UN JEU DE COULEURS ET DE CONTRASTES

En plus du pinceau, l’artiste utilise le couteau pour travailler l’acrylique tout en volumes et reliefs. « Pour obtenir les nuances que je souhaitais, il me fallait plusieurs couches. L’acrylique sèche vite, ce qui me permet d’avancer dans mon travail de façon instinctive sans trop s’éterniser dans le temps ». En sculptant habilement la matière, il laisse s’ex- primer les couleurs. Celles-ci éclatent sur la toile dans une belle harmonie, se jouant des contrastes, de la profondeur et des modelés. Il nous livre ainsi des œuvres lumineuses auxquelles on ne résiste pas.

Comment êtes-vous venu à la peinture ?

La vie est parfois surprenante… En effet, mon cur- sus universitaire dans le sport ne me prédestinait pas à emprunter cette voie. Je suis venu à la pein- ture suite à un pari avec ma femme qui dessine très bien… J’ai donc commencé à peindre pour essayer de l’impressionner.

Quelles sont vos principales influences ?

Mes influences sont diverses… Elles vont des toiles exposées à la Galerie des Batailles à Versailles à Pascal Magis pour l’abstrait.

Face à vos paysages, on se demande si vous êtes réellement autodidacte. Est-ce le cas ?

Je suis totalement autodidacte ! J’ai commencé la peinture avec une base technique très faible mais des idées plein la tête. Comme j’aime souvent le dire, j’ai fait l’école de la vie avec ses échecs et ses réussites parfois. J’ai commencé par l’art abstrait puis, très vite, les paysages eux aussi abstraits se sont imposés comme une évidence. Les séjours en outre-mer, notamment la Martinique, Tahiti et le Sénégal, ont bercé mon enfance et mon adoles- cence puisque mon père, militaire, était Troupe de Marine. Ainsi, les deux ans passés en Polynésie m’ont laissé des images indélébiles.

Comment choisissez-vous vos sujets ?

Je peux travailler sur photos mais la plupart du temps mes sujets sortent directement de mon ima- gination… et c’est cela qui me plaît. La photo pour sa part est souvent un point de départ, un prétexte.

Votre recherche picturale s’articule-t-elle autour de la couleur et des contrastes ?

Comme vous pouvez le deviner, les couleurs et les contrastes de mes toiles sont en relation directe avec mes séjours en outre-mer. J’aime surprendre avec les contrastes et le choc de mes couleurs… Pour moi d’ailleurs, le ciel n’est pas nécessairement bleu… même si cela peut parfois surprendre, j’en conviens volontiers.

Que symbolisent pour vous les tonalités vives que vous privilégiez ?

Les tonalités vives sont essentielles à mes peintures car je suis toujours en quête permanente de lumière, qui représente pour moi la vie et vient mettre un peu de chaleur sur ces toiles tou- jours dépourvues de personnages.

Pourquoi avoir choisi l’acrylique que vous travaillez au pinceau ou au couteau ?

L’acrylique est une peinture qui me correspond car elle sèche vite et j’ai besoin de superposer de nombreuses couches de façon à apporter de la nuance à mes toiles.

Comment définiriez-vous votre style ? Et en quoi votre identité picturale est-elle si identifiable ?

Comme vous pouvez le voir, mes tableaux sont hauts en couleurs, à mi-chemin entre l’abstraction et le figuratif. En outre, j’apporte également toujours du relief à mes toiles grâce à des tech- niques d’empattement. Pour résumer, je citerais l’une des pensées de Shitao : « La règle n’est pas un modèle fixe, c’est le souffle inspirateur qui structure ».

Que cherchez-vous à rendre à travers vos œuvres ? Quel message peut-on y trouver ?

Dans mes toile, il n’y a pas de message particulier. Je cherche avant tout à partager mon imaginaire avec le public. J’aime suggérer tout en permettant à chacun de laisser son imagination s’exprimer.

Quelle est votre vision de la peinture ? Que vous apporte-t-elle ?

En général et particulièrement dans la période actuelle, je pense qu’il est essentiel de cultiver son jardin intérieur. La peinture, tout comme le sport que je pratique en compétition depuis plus de 30 ans, sont un exutoire à notre vie moderne où tout le monde court après le temps… Ainsi, lorsque je peins le temps s’arrête…

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