Inspirée par la nature, Rose Dalban, trace sur la toile souvenirs et émotions, ceux qui l’ont transportée… et nous transportent à notre tour tant ses paysages semblent familiers. Des œuvres lyriques inondées de lumière.
Par Suzanne Philippe

Passionnée par la lumière, les effets de transparence et la superposition des couleurs, Rose Dalban crée des toiles riches et profondes, la nature lyrique de ses œuvres passant par la magie de la lumière. C’est très jeune que Rose Dalban découvre l’art. En effet, alors qu’elle se retrouve souvent seule des journées entières, elle s’évade grâce au dessin et la peinture. Ainsi, elle trompe son ennui, voyageant avec délice dans son imaginaire. Et c’est naturellement qu’elle choisit de poursuivre sa vocation en intégrant l’école des Beaux-arts de Saint-Etienne, dont elle sort diplômée en 1974.

UNE NATURE IMAGINÉE

Inspirée par les peintres William Turner et Zao Wou-Ki, dont le travail sur la lumière et les couleurs l’éblouisse, elle débute d’abord par l’aquarelle. Son thème de prédilection ? La nature. Et c’est dans la force de cette nature que l’artiste puise l’énergie de sa peinture, nourrissant son imaginaire par de longues promenades dans la campagne, captant de fugaces instants où les éléments se confondent, avant de les rendre sur la toile. Le résultat n’est donc pas une réalité mais des paysages « imaginés », entre rêve et réalité, qui mêlent souvenirs et ressentis, emplis de « belles lumières et de riches ténèbres ».

ABSTRACTION LYRIQUE

Voguant entre couleurs froides et teintes chaudes, ses paysages expriment tour à tour avec onirisme le silence des grands espaces, la puissance des éléments, le mystère et l’omniprésence de la vie. De l’aquarelle, Rose Dalban conserve la lumière et la transparence de cette technique dans ses peintures à l’huile exécutées principalement au couteau, sur papier aquarelle satiné pour les petits format, sur toile de lin pour les plus grands. Ses œuvres, qui rendent hommage au spectacle toujours renouvelé de la nature, offrent également une nouvelle perspective sur celle-ci dans un éclat de formes et de couleurs pour une promenade enchanteresse, à la fois colorée, vibrante, lumineuse et toute en mouvements. De quoi retrouver les choses essentielles !

Comment êtes-vous venue à la peinture ?

Enfant, j’étais très souvent seule. Le dessin et la peinture m’ouvraient alors une fenêtre sur le rêve. Plus tard, j’ai suivi le cursus d’études de l’école supérieure des Beaux-Arts de Saint-Étienne.

Quelles sont vos principales influences ?

Mes peintres de référence sont Turner pour la lumière et sa grande modernité dans ses dernières œuvres, mais également Zao Wou-Ki, artiste franco-chinois connu pour ses peintures non-figuratives qui mêlent styles artistiques occidental et oriental.

La nature est votre première source d’inspiration. Pourquoi ? Et comment choisissez-vous vos sujets ?

Effectivement, la nature est pour moi une source inépuisable d’inspiration, où l’eau, le ciel et la terre se confondent. Cascades, plaines, étangs… autant de souvenirs que d’émotions qui nous ont transportés naissent ainsi dans la transparence et la superposition des couleurs.

Comment et pourquoi êtes-vous passée de l’aquarelle à la l’huile ?

J’aime la transparence et l’instantanéité de l’aquarelle mais j’aime aussi la richesse et la force des couleurs de l’huile. Finalement, j’ai lié les deux techniques. Ainsi, je peins à l’huile comme une aquarelliste, dans le frais en superposant de fines couches transparentes. J’utilise de larges couteaux et je réserve les pinceaux uniquement pour préciser de petits détails.

De même, le mouvement est-il important dans votre œuvre ?

Le mouvement mais aussi la force de mes toiles viennent probablement de mon geste, rapide et sûr. D’où l’intérêt de dessiner toujours beaucoup directement à l’encre… Je gagne ainsi en sûreté du geste.

Comment définiriez-vous votre style ? Et en quoi votre identité picturale est-elle si identifiable ?

S’il fallait le définir, mon style s’apparente à l’expression lyrique. Mes paysages ne « racontent » pas un endroit précis mais davantage une émotion, une atmosphère, un rêve. Ainsi, je ne veux pas témoigner d’un instant mais de tous les instants à la fois car rien n’est définitif… tout est en mouvement.

Que souhaitez-vous « transmettre » à travers vos œuvres ?

Pour moi, la peinture doit toucher, sans aucun autre artifice.

 

 

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