C’est une image ancrée dans notre imaginaire : le modèle nu qui pose au centre de l’atelier, entouré par les élèves. Mais c’est surtout un exercice qui vous permettra de progresser dans votre apprentissage artistique.
Par Christian Charreyre

Comme le rappelle l’historienne de l’art Claire Maingon, «Depuis l’antiquité, la connaissance du corps humain a représenté la base de l’apprentissage du métier d’artiste. Dans les académies modernes, elle était enseignée de plusieurs façons, à la fois par des cours théoriques et des leçons pratiques. Celles ci étaient de deux sortes : d’après les sculptures antiques, présentant le nu idéalisé, puis d’après le modèle vivant. L’étude du nu masculin et féminin représentait l’un des exercices fondamentaux de l’apprentissage des peintres et des sculpteurs». 

Longtemps, cette connaissance a été réservée à un public masculin. Les femmes n’ont pu faire leur apparition officielle sur les bancs des ateliers des Beaux-Arts qu’à partir de 1897, même si elles étaient déjà reçues dans les écoles libres telles que l’Académie Julian. Le travail était très académique : «Le professeur désignait la pose qui était conservée pendant plusieurs semaines et faisait l’objet d’une correction générale par le maître. La pose n’était pas naturelle mais entendait former les élèves à la maîtrise des postures nécessaires à la réalisation de la peinture d’histoire».