C’est un exercice bien plus difficile qu’il n’y paraît. Beaucoup d’éléments en bois dans les aquarelles, qu’il s’agisse d’arbres, mais aussi de piquets de clôture ou de planches, manquent de réalisme et apparaissent un peu enfantins.

COMPRENDRE L’ÉCORCE

L’écorce des arbres peut être différente suivant la variété. Il faut donc observer la structure et les couleurs des piquets/arbres que vous voulez peindre. Cette écorce est l’enveloppe du tronc, mais elle peut aussi supporter d’autres éléments comme la mousse, du lichen… Voici deux méthodes pour réaliser cette écorce. Pour que cela soit plus simple, nous allons le faire pour un piquet. La technique est sensiblement la même pour le tronc d’un arbre.

MÉTHODE 1 : AVEC DU SEL

Déterminer l’éclairage.

Je dessine le piquet, je le mouille. Ensuite, je définis de quel côté arrive la lumière. Je pose du terre de Sienne brûlée dans la partie lumineuse et du bleu outremer dans la partie à l’ombre. Je bouge le papier légèrement afin que les couleurs se mélangent. Attention, je ne veux surtout pas obtenir une couleur uniforme. Je n’hésite pas à ajouter par touches du terre de sienne brûlée ou du bleu outrer. Tant que c’est assez mouillé, je pose des grains de sel fin pour créer de jolis effets uniquement à certains endroits.

Ajouter des effets.

Pendant que le sel « travaille », j’ajoute du vert de vessie ou du bleu cobalt là où je souhaite un effet de mousse. On peut également projeter quelques gouttes d’eau. Pour des effets différents, je projette de l’eau à différents moments. Une fois que je suis satisfait, je laisse sécher. Attention, le sel met plus de temps à sécher que la peinture. Ensuite, j’ôte le sel. En variant les couleurs utilisées, la quantité et le lieu de pose du sel, on obtient des « essences de bois » différentes.

 

AJOUTER DES RAINURES

Pour travailler les rainures dans le bois, j’utilise un mélange de terre de sienne brûlée et de bleu outremer, assez foncé, avec un pinceau fin ou traînard. Je dessine des rainures plus ou moins épaisses, longues, des nœuds… en variant les effets. Attention, il est important de travailler dans le sens vertical.

 

TRAVAILLER L’ENSEMBLE

Sur cette aquarelle, le piquet du premier plan est beaucoup plus travaillé que les autres qui ont moins d’effets (donc moins de sel) et moins de rainures. Pour un arbre, je procède de la même manière. Je mouille le tronc et je pose la peinture en fonction de la couleur de l’écorce et de l’éclairage. Attention à n’utiliser du sel qu’avec parcimonie.

EN GROS PLAN

Pour un morceau d’écorce vu de plus près, le principe est le même, on pose les couleurs, le sel, quelques gouttes d’eau, puis du papier cellophane sur toute la zone où on veut des effets de reliefs, en faisant des bulles sur le cellophane. On laisse bien sécher. Lorsque c’est sec, on retire le papier cellophane puis, avec un mélange foncé, on marque les interstices, on en crée de nouveaux et on finalise en fonçant le coté de l’écorce qui est à l’ombre. Cette étape peut être faite au moment de la pose de la couleur.

MÉTHODE 2 : AVEC UN OUTIL RIGIDE

GRATTER LA PEINTURE
Une autre méthode consiste à utiliser une carte rigide (carte de crédit) ou un couteau à peindre pour travailler des effets dans l’écorce. C’est la méthode que j’utilise pour les bouleaux notamment. Dans ce cas, on mouille le tronc, on pose une couleur légère qui correspond au fond, avec toujours un coté un peu plus foncé. Puis on marque quelques retraits en « grattant » avec la carte ou le couteau. Attention, cela peut « blesser » le papier. Ensuite, on prépare une couleur un peu plus foncée, mais dans la même gamme de nuances.
On charge la carte ou le couteau de cette couleur assez diluée sur un de ses cotés (la couleur ne restera pas uniformément disposée), on place la carte ou le couteau au bord du tronc et on fait glisser vers l’intérieur du tronc et sur toute sa longueur. La couleur vient se déposer en faisant des trainées plus ou moins épaisses et longues. On renouvelle l’opération sur le coté opposé du tronc en chargeant moins la carte en couleur, afin que les traits soient plus petits. Vous pouvez mettre un peu de sel, jeter quelques gouttes de couleur ou d’eau sur ce tronc et laisser faire. Pour un arbre, on travaille de la même manière, mais on met moins de détails (nœuds…) puisqu’on les voit de plus loin. Pour une planche, on travaille les veinures dans le bois. La première étape est de poser la couleur de votre planche (bois grisé si elle est plus ancienne). Ensuite, avec la couleur qui correspond aux rainures du bois, on dessine les nœuds, trous et autres détails de la planche.

ERREURS À NE PAS COMMETTRE
Ne peignez pas les troncs en brun. Comme pour le vert du feuillage, il ne suffit pas de sortir un brun d’un tube pour peindre le tronc et de le mélanger avec du blanc pour les zones plus claires et du noir pour les plus foncées. Vous pouvez utiliser les verts du feuillage et leur ajouter du rouge pour obtenir des bruns variés, clairs et foncés, du brun au gris qui apportent un équilibre et une belle harmonie. Il est également important de vérifier si l’écorce des espèces est vraiment brune. Alors observez bien votre arbre. Les troncs ne sont pas droits à la base. Les arbres n’apparaissent jamais comme des lignes droites qui sortent du sol. Leurs troncs s’élargissent à la base, là où les racines s’étendent sous terre, certains ont des lignes de contour qui semblent inégales… Certaines espèces possèdent même des racines ondulantes qui apparaissent sur le sol. Sans oublier les herbes, feuilles mortes… à la base du tronc.

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