Cette bretonne d’adoption sait comme personne rendre l’émotion d’un regard ou d’un bord de mer, en mariant la spontanéité de l’aquarelle à la rigueur de la composition. Un plaisir de peindre communicatif, qu’elle partage avec ses élèves.
Par Christian Charreyre

Derrière ses portraits et ses paysages délicats se cachent la maîtrise du dessin et de la composition, et une technique assurée qu’elle tient de sa formation aux Arts Appliqués et de la confrontation avec ses élèves. Dans son atelier-cocon, au cœur de la campagne bretonne, Céline Dodeman sait saisir l’émotion de chaque instant.

Comment êtes-vous venue à la peinture ?
Depuis toute jeune, j’ai toujours dessiné, principalement des silhouettes et des personnages. Ensuite, je me suis naturellement orientée vers un métier artistique. J’ai fait l’École Supérieure des Arts Appliqués Duperré en stylisme de mode. Je me suis également formée au cinéma d’animation aux Gobelins, en décoration et aménagement intérieur à l’École Boulle. Mais je me suis détournée de la mode, le marché étant saturé. J’ai quitté Paris pour la province… et la peinture s’est imposée.

Pourquoi peignez-vous ?
Pour le plaisir, pour élargir mon champs d’expérimentation, interpréter la réalité, donner vie sur le papier… Chaque tableau est une aventure ! Et toutes les occasions sont bonnes pour peindre.

Pourquoi avoir choisi l’aquarelle ?
C’est d’abord le dessin, qui fait partie de mon quotidien. Il n’y a pas une journée sans dessin ou sans observation de mon environnement. Et l’aquarelle a toujours été un de mes mediums d’expression. J’aime faire des croquis, des carnets de voyage, et l’aquarelle, c’est rapide, idéal pour s’exprimer avec spontanéité. C’est aussi un medium qui m’apporte encore beaucoup de surprises, d’émotions. Si le dessin m’aide à structurer ma composition, avec l’aquarelle, je peux travailler avec le cycle de l’eau, laisser les pigments se diffuser, observer comment les choses se passent. Mais il y a beaucoup de techniques, il faut apprendre à dompter le medium. On dit d’ailleurs qu’avec l’aquarelle, il n’y a pas de repentir : quand on veut cacher quelque chose, cela se voit immédiatement.

Comment vous êtes-vous formée ?
Ma base technique, c’est le dessin, que j’ai développé aux Arts Appliqués. L’aquarelle, je me suis beaucoup formée toute seule. J’ai suivi quelques cours et je fais parfois des stages avec des artistes dont j’apprécie l’expression, qui m’apportent quelque chose de différent, voire même de radicalement différent de ce que je fais moi-même. Et cela revient dans mes peintures, par petites touches.

Quels sont vos choix de matériel ?
Il existe un large choix de matériel pour la pratique de l’aquarelle. J’ai une nette préférence pour les aquarelles extrafines Selon que les pigments sont naturels ou synthétiques, leur association procure de beaux effets de matière. Les tubes sont parfaits pour les grands formats car ils sont prêts à l’emploi, contrairement aux godets qu’il faut humecter au préalable. Toutefois, j’utilise les godets pour la réalisation de carnets de voyage en extérieur car ils sont peu encombrants. Les pinceaux synthétiques sont moins absorbants que les pinceaux en poils naturels mais apportent de la nervosité. Les petites brosses «spalter» sont idéales pour les retraits de couleur, et le spalter chinois en chèvre offre des textures lorsque ses poils se séparent. Pour le support, j’ai une préférence pour le grain fin qui est un bon compromis et permet des résultats précis. Néanmoins, le grain torchon peut apporter de la texture aux aquarelles, le creux du grain n’étant pas comblé par un passage de pinceau vif.

 

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