Avec ses compositions mêlant acrylique, posca, bombes, brosses…, Matthieu Lainé, alias Graffmatt, témoigne du monde qui l’entoure, un monde en perpétuel mouvement où rien n’est jamais figé. Une oeuvre dynamique, vivante qui ose casser les codes et renouvelle le genre avec maestria.
Par Gabrielle Gauthier

 

Ses portraits et scènes urbaines s’affichent volontiers sur une toile, un mur ou même des tasseaux de bois, une manière «très personnelle
» pour l’artiste d’harmoniser le sujet à son support, comme pour encore mieux témoigner du monde qui l’entoure et des sentiments qu’il lui inspire.
Cette diversité des supports, Graffmatt la conjugue à une diversité de techniques, associant hardiment acrylique, posca, bombes, brosses… osant des effets de textures remarquables, dynamisant ainsi ses oeuvres par des traces de rouleaux ou de feutres usés, des raclures, des griffures et autres coups de crayons apparents… pour une écriture artistique unique.

Quel est votre parcours ?
Après l’obtention de mon BTS en communication visuelle, j’ai opté pour une licence professionnelle en audiovisuel. Je voulais avoir un maximum de cartes en main pour trouver un job facilement, mais je ne me projetais pas encore dans une vie d’artiste. J’ai donc occupé un poste de graphiste tout en dessinant à mes heures perdues. Progressivement, la peinture a pris le devant, au point de quitter mon job pour me consacrer entièrement à mon activité artistique. Aujourd’hui, je vis de mon art et travaille chez moi, dans mon atelier à Chambéry.

Quelles sont vos principales influences ?
À Lyon, j’ai eu la chance de découvrir de près le travail du graffeur Brusk, un véritable déclic. Ainsi, j’aime combiner mon travail de graphisme à l’art et je n’hésite pas à utiliser les codes visuels de la publicité pour dynamiser mes compositions artistiques. Je n’essaie pas de rendre mes sujets hyperréalistes. Au contraire, je recherche l’équilibre entre un rendu esquissé et sophistiqué. Le duo allemand Herakut, par exemple, maîtrise totalement ce style. Le Hip-hop m’a également beaucoup influencé, me sortant de la culture classique et académique que l’on nous enseigne à l’école. J’ai toujours été fasciné par cette liberté d’expression née dans la rue à travers la musique, la danse ou sur un mur. Comme beaucoup d’artistes, la musique a son importance dans le processus artistique avec, pour ma part, une attirance plus particulière pour le Hip-Hop Underground des années 90. La scène urbaine est ma principale source d’inspiration. Elle reflète la société dans laquelle nous vivons, un paysage en perpétuel mouvement.

Comment êtes-vous venu à la peinture ?
J’ai toujours dessiné. En revanche, je suis arrivé assez tardivement
au graffiti. J’ai posé mon premier graff à 20 ans, lorsque j’étais étudiant sur Lyon. Avec des potes on aimait bien squatter les lieux abandonnés et, en voyant ces univers déjà bien chargés par le graffiti, nous n’avons pas hésité à marquer notre passage. Pour moi, c’était plus un défouloir qu’un exercice… Ensuite, j’ai utilisé mon temps libre pour dessiner et peindre sur toiles.
Aujourd’hui, lorsque je peins dans la rue, j’aime prendre mon temps alors je trouve toujours le moyen de peindre sur des murs légaux ou dans des friches industrielles. Je me base avant tout sur mes carnets de croquis ou mes tableaux en choisissant des emplacements cohérents avec le sujet.

 

 

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