Il capture comme personne la lumière avec une palette resserrée de couleurs, fixant sur la toile des scènes à l’atmosphère contemporaine envoûtantes. Sous sa spatule, New York, Londres, Paris se matérialisent dans leurs formes les plus simples.
Par Gabrielle Gauthier

Initié très tôt au dessin et à la peinture, Benoît Havard n’a jamais cessé «d’apprendre», expérimentant de nombreuses techniques, poussant toujours plus loin sa recherche picturale pour nous offrir des scènes, urbaines notamment, au dynamisme remarquable. Talentueux dans l’art de la composition, l’artiste l’est tout autant dans l’utilisation des couleurs, préférant, comme les plus grands maîtres, des harmonies qui tendent vers le monochrome pour révéler les détails. Sous ses coups de spatule, il travaille la matière jusqu’à la rendre vivante, presque animée, jouant des transparences, des perspectives… Des toiles lumineuses dans lesquelles on plonge notre regard sans pouvoir le détourner, happés par une lumière vibrante.

Quel est votre parcours ?
Depuis tout petit, j’ai une attirance pour le dessin. Je me suis ainsi toujours formé en suivant régulièrement des cours, notamment les ateliers enfants des Beaux-Arts. À dix-huit ans, après une année aux Beaux-Arts, j’ai fait mes premières armes en répondant aux commandes de marchands d’art, ce qui m’a également permis d’exposer ailleurs qu’en Normandie. Puis, peu de temps après avoir ouvert mon atelier à Douvres, j’ai eu la chance de rencontrer Charles Kérivel, un aquarelliste de Douarnenez, devenu un mentor.

Vous avez commencé jeune. Viviez-vous de votre peinture ?
J’ai quitté les Beaux-Arts car je voulais peindre, être derrière un chevalet… Donc, oui, j’ai toujours vécu de ma peinture, même si mes premières toiles, vendues 200 euros, me permettaient uniquement de racheter de la peinture. Parallèlement, j’ai effectué des stages chez des artisans pour découvrir d’autres techniques comme la dorure sur bois. En 2006, j’ai décidé d’arrêter de produire «à la chaîne» pour les marchands d’art et de démarcher des galeries. La Galerie Doublet à Avranches a été la première à me faire confiance, d’autres ont suivies… certaines me laissant le temps malgré des toiles un peu «jeunes» techniquement. Après les premières ventes, les expos, j’ai pu trouver d’autres galeries dans toute la France. En 2013, j’ai eu envie d’aller voir ce qui se passait sur d’autres continents. J’ai donc démarché la Galerie Beauchamp, au Canada. Je me suis tant «accroché» qu’ils m’ont pris la deuxième année. J’ai donc exposé à Québec, Montréal et Toronto. Depuis, ils font un super boulot ! Mais rien n’est arrivé tout seul, j’ai frappé aux portes, on ne m’a pas invité. Enfin, Carré d’artistes m’a permis d’exposer à Amsterdam et à New-York.

Quelles sont vos principales influences ?
J’ai eu plein d’influences ! Enfant, ma mère m’emmenait dans les galeries et je me souviens avoir découvert des peintres déjà reconnus, ceux notamment qui peignent avec beaucoup de mouvements, beaucoup d’énergie, comme Michel Jouenne. J’aime aussi les impressionnistes, les peintres urbains… J’ai fait du dessin, du pastel, des croquis aquarellés, j’ai peint beaucoup à l’acrylique… J’ai d’abord appris à faire fin, académique… avant d’utiliser l’huile et le couteau. Je crois que l’on s’inspire toujours de ce que l’on voit autour de soi, on apprend de l’expérience des autres. J’ai donc toujours regardé les maîtres dans chaque domaine.

 

 

 

 

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